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Les perles du Maroc : trésors culturels, capital social et symboles de protection

Les perles du Maroc

Les Perles du Maroc

Les perles au Maroc: un capital social, des trésors de protection et d’histoire

1. Les perles du Maroc : un capital social

Au Maroc, les perles constituent un capital que l’on détient et qui peut servir en cas de disette : l’argent et l’or peuvent se fondre et redonner des pièces de monnaie. Nombreuses aussi sont les parures traditionnelles où l’on retrouve la pièce de monnaie telle quelle, juste percée, qui pourra être séparée du collier en cas de besoin. Mais aussi, coquillage, corail et main de Fatma sont autant de trésors que les femmes portent en toutes circonstances.

Cette tradition reflète une stratégie de résilience : les bijoux sont à la fois une épargne, un héritage, et une protection contre les aléas de la vie.

collier traditionnel berbère

2. La main de Fatma : un symbole millénaire

La main de Fatma, et ce dès bien avant la période islamique, chez les Romains, les Juifs et les Carthaginois, est investie de pouvoirs qui conjurent le mauvais sort. Par l’Islam, elle est reprise sous le nom de « main de Fatma », les 5 doigts de la main évoquant les cinq piliers de la religion : profession de foi, prière obligatoire, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage. Cette main a été déclinée sous toutes les formes, on en trouve de toute taille, de toute sorte.

Pour en savoir plus : Vous pouvez en trouvez quelques unes simples ou étranges, sur ce lien, ou ici, ou encore ici.

 

3. Argent ou or : des métaux porteurs de sens

Dans les régions rurales, c’est l’argent qui constitue le matériau de base des bijoux. Ce sont surtout des pièces de monnaie qui fournissent la matière première : anciennes pesetas espagnoles, napoléons français, thalers de Marie-Thérèse d’Autriche ou « douros hassani » frappés en France pour le compte du sultan Moulay Hassan…  Dans les villes comme Fès, Marrakech ou Casablanca, c’est l’or qui domine. Associés à la richesse, au mariage, et à la dot, les bijoux en or sont souvent offerts lors des cérémonies nuptiales et constituent un patrimoine familial. Comme chez nous quoi!

4. Le corail, les coquillages, l’ambre : des matériaux aux vertus multiples

L’on trouve dans les bijoux traditionnels du corail, des pierres semi-précieuses et des coquillages fossilisés avec ou sans décor, de l’ambre jaune et brun-rouge, ou des perles en lactéine et en bakélite importées d’Europe depuis le début du XXe siècle comme substitut à l’ambre, plus coûteux. On travaille aussi beaucoup les perles de verre importées ainsi que l’amazonite et la cornaline.

Les colliers odoriférants en clous de girofle sont très prisés pour le pouvoir prophylactique qu’on leur attribue. Je ne manquais pas, quand j’allais dans le désert, d’en emporter quelques-uns avec moi : ils peuvent toujours servir de monnaie d’échange ou faire plaisir à quelques femmes en manque de marchands de proximité !

Le souci quotidien d’être protégé du malheur et d’attirer la baraka se traduit dans les bijoux spécialement décorés à cet effet.

  • Corail : Symbole de vitalité et de protection, il est censé éloigner le mauvais œil et favoriser la fertilité.
  • Ambre : Utilisé pour ses vertus thérapeutiques (contre le rhume, les douleurs articulaires) et comme porte-bonheur. De l’ambre jaune et brun-rouge, ou des perles en lactéine et en bakélite importés d’Europe depuis le début du 20e siècle comme substitut à l’ambre extrêmement couteux désormais. Je vous en mets quelques unes à la vente bientôt. Sinon, contactez moi ! cecile(at)mesgrigris.com.
  • Coquillages : Souvent fossilisés, avec ou sans décor ils rappellent le lien avec la mer et la nature. Utperle maroc goulimime millefioriilisés pour les cérémonies de mariages, les coquillage gravés sont mes perles préférées…
  • Perles de verre : Importées d’Europe (Bohême, Murano) depuis le début du XXe siècle, elles ont remplacé l’ambre plus coûteux
  • Également, l’on trouve un peu d’amazonite et de cornaline, mais ceci ets plus en Mauritanie, et c’est très rare.`

5. L’influence des échanges et l’évolution des styles

L’ouverture sur le monde extérieur ainsi que le contact avec les centres urbains ont exercé une grande influence sur l’apparence des femmes dans le milieu rural. Au Maroc, l’on trouve désormais des perles fantaisie qui viennent d’Asie ou d’Italie, ou même, moins chères, des bijoux en argent indiens ou indonésiens.

Ceci dit, les Européens ont importé en quantité pharaonique des nombreuses perles de verre produites en Bohême et en Italie, à Murano, au temps de l’occupation européenne. Ces dernières, connues au Maroc sous le nom de perles de Goulimime, constituaient un élément de troc très recherché. Pour un peuple qui ne connaissait pas le travail du verre, leurs couleurs étaient éblouissantes ! Elles servaient de monnaie d’échange dans le Sahara et une partie de l’Afrique subsaharienne, notamment pour acheter du sel, des troupeaux ou des denrées rares. De verre coloré, originaires d’Europe (Murano, Bohême), importées en masse au Maroc à l’époque coloniale, elles étaient utilisées comme monnaie d’échange dans le Sahara et l’Afrique subsaharienne, notamment pour acheter du sel, des troupeaux ou des denrées. Leur nom vient de la ville de Goulimime, ancienne plaque tournante du commerce caravanier.

 

Pourquoi ces perles fascinent-elles toujours ?
Leurs couleurs vives et leurs motifs uniques en ont fait des objets de collection et de troc très recherchés, même aujourd’hui.

 


 

Cependant, les bijoux traditionnels berbères (en argent, corail, émail) restent un marqueur d’identité culturelle et de savoir-faire artisanal, notamment à Tiznit, Sefrou ou dans l’Anti-Atlas.


6. Où trouver des perles et bijoux marocains authentiques ?

  • Sur place : Les souks de Marrakech, Fès, Tiznit ou Essaouira regorgent de trésors…. Que chacun se doit de chercher !
  • En ligne ici! : Découvrez notre sélection de perles et bijoux inspirés du Maroc, ou explorez le récit de mon dernier voyage sur la route des perles marocaines.

7. Pour aller plus loin

  • Livres : « Perles d’Afrique » (Marie-Françoise Delarozière), « Le grand livre des perles » (Lois Sherr Dubin), « Splendeurs du Maroc » (Ivo Grammet et Min De Meersman).
  • Documentaires : « Solutions locales pour un désordre global » (Coline Serreau), pour comprendre le lien entre artisanat, économie et écologie.

 

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